Escapades ¬ 4 janvier 2019

Pyrénées : Bivouac au Pic des Escurets

Chaque bivouac a sa petite routine. Ça commence par un peu d’efforts en montée pour mériter sa récompense. Celle de s’offrir 24 heures de déconnexion en pleine montagne et de prendre le temps d’admirer le soleil se coucher puis se lever. Direction le Pic d’Escurets en Vallée d’Ossau dans les Pyrénées.

C’était la veille de la rentrée scolaire 2018. Les toutes dernières heures des grandes vacances d’été. Non pas que nous n’avions pas assez profité de ces deux mois de grandes vacances, mais nous voulions user jusqu’au bout des ces dernières heures de liberté avant la reprise de la routine scolaire.

Sans trop de préparation et d’anticipation, nous avons rempli notre sac de rando de quelques barres de céréales, d’un bon saucisson, d’un couteau suisse, de quelques bières et de ces fameuses soupes aux nouilles chinoises toutes faites que nous aimons tant emporter avec nous en rando. Réchau, sac de couchages et notre bidon de 5 litres d’eau sur le dos, nous voilà déjà partis.

Sans chercher à partir trop loin, nous voulions juste prendre de la hauteur, s’offrir quelques heures de déconnexion au milieu de la montagne, des vaches et des chevaux dans une petite ascension familiale à la portée de tous. Une petite heure de marche seulement pour installer notre tente dans une zone qui surplombe la Vallée d’Ossau et les plaines de Pau et d’Oloron. Un endroit tranquille pour admirer le coucher de soleil et le levé du soleil. C’est finalement ce qui est le moins évident quand on cherche à planter la tente, car vous trouverez toujours un endroit abrité du vent, plat avec une herbe assez douce et sans cailloux pour bien dormir. Mais qui offre en prime une vue dégagée pour admirer et le coucher et le levé du soleil ce n’est pas si évident. Le Pic des Escurets est tout simplement parfait pour cela.

C’est le moment où l’on prend conscience de l’exclusivité de la situation, celle de se retrouver en pleine montagne à une heure où tout le monde est rentré chez-soi dans son petit confort et ses petites habitudes.

Chaque bivouac a désormais sa petite routine. Ça commence toujours par faire un petit peu d’effort à la montée pour mériter sa récompense. Une fois au sommet, chercher les 3m2 qui nous accueilleront pour la nuit, étudier les différents spots et se persuader qu’on a fait le bon choix, retirer les cailloux que l’on aime accuser de nous faire passer une mauvaise nuit… Puis planter la tente sans perdre de temps, dérouler les sacs de couchage, tester le confort allongé et se féliciter de son choix. Voir les hommes s’affairer à faire le feu, partir à la recherche de pierres et de branches sèches… pendant que les femmes instinctivement font chauffer l’eau, installent les couverts et sortent les aliments.

Le repas se fait toujours avant le coucher de soleil. Bières, chips, saucisson et andouillette. Un grand classique mais au combien plaisant qu’on aurait même pas idée de changer ça. On ouvre nos sachets de nouilles chinoises que l’on observe ramollir dans l’eau frémissante de notre tasse, puis on saupoudre de sel aromatisé et de la sauce vendue avec dans ces petits sachets tout faits, se laissant surprendre par la saveur à chaque fois nouvelle. Pour ma part, me demandez-pas pourquoi, je ne pourrai jamais m’empêcher de casser des doigts un bout de ces plaques de nouilles encore crues et de les croquer avant cuisson. Meilleur gâteau d’apéritif qu’il soit.

Avec le lever du soleil c’est un peu LE spectacle d’un bivouac, ce pourquoi on vient là. Il ne dure pas longtemps, une vingtaine de minutes seulement, alors on en profite à fond.

Puis, le ventre plein, le coucher de soleil qui se couche à l’ouest arrive. Avec le lever du soleil c’est un peu LE spectacle d’un bivouac, ce pourquoi on vient là. Il ne dure pas longtemps, une vingtaine de minutes seulement, alors on en profite à fond. On observe d’abord le ciel qui se teinte de nouvelles couleurs orange rose puis on fixe des yeux le soleil qui descend lentement, l’atmosphère qui se fait plus légère. Quand le soleil s’est couché, mis à part le fait qu’il fait plus sombre (et froid) c’est toute une ambiance qui change. C’est le moment où l’on prend conscience de l’exclusivité de la situation, celle de se retrouver en pleine montagne à une heure où tout le monde est rentré chez-soi dans son petit confort et ses petites habitudes. C’est à ce moment que la nature se fait le plus ressentir. Ce n’est plus l’homme qui se balade en montagne mais la montagne qui prend l’homme pour y passer la nuit. Et croyez-moi on se sent touts petits.

On regarde les étoiles, on se délecte en voyant les petites lumières des habitations lointaines s’allumer progressivement, jusqu’à l’observation de toute la ville illuminée. On aime imaginer les gens chez-eux s’affairer à leurs petites occupations, on met de la musique (ou pas !), on allume les lampes frontales, on sort un livre. On se couche assez tôt, on devient attentifs comme jamais aux bruits extérieurs. Et c’est dans cette exaltation que l’on s’endort emmitouflés les uns contre les autres dans nos duvets bien chauds.

La seconde partie du spectacle prend lieu le matin pour le lever du soleil. Aussi magique que le coucher, le lever du soleil offre des lumières magnifiques. L’ambiance est particulière, une aubaine de prendre le temps d’admirer le soleil se lever sur le monde alors que d’ordinaire notre seul soucis et de rester au lit ou de se dépêcher à s’habiller et déjeuner pour arriver à l’heure à l’école ou au travail. Certes, il faut se lever tôt, avant le soleil, pour pouvoir l’observer se lever à l’est. Se lever avant le soleil juste pour prendre le temps de l’observer et de voir le monde se réveiller est assez magique et particulier. Comme si nous bénéficions d’un moment exclusif hors du temps, loin de la course et l’agitation quotidienne. Croyez-moi la meilleure méditation au monde et ce dès le plus jeune âge.

Le temps s’arrête lors des matins de bivouac… on prend le temps, on vit au rythme de la nature environnante sans se presser. Puis il faut plier la tente, refaire les sacs et redescendre.

Kindabreak

Pic des Escurets / Vallée d'Ossau
Notes
Altitude : 1440 mètres
Dénivelé : 410 mètres
Durée : 2h aller-retour
Départ : Col de Marie Blanque
Niveau : randonnée facile
Itinéraire depuis Bayonne : A64 direction PAU, sortie 09 à Artix. Suivre en direction de Gourette/ Artouste/ Vallée d'Ossau. À Bielle prendre à droite direction Bilhères en Ossau / Col de Marie Blanque. Continuer à monter sur la D294 pendant 11km jusqu'au col de Marie Blanque (1035m).
Distance depuis Bayonne : 2h de route

2 commentaires pour “Pyrénées : Bivouac au Pic des Escurets

  1. Axel dit :

    C’est le  » lever de soleil « , comme  » le coucher de soleil  » . Autrefois il y avait aussi  » le lever du roi « , quand le roi sortait de son lit. Mais  » le levé de soleil « , ça, faut pas en abuser….

    1. Kinda Break dit :

      Ah ah oui ! Merci pour la correction ce n’est pas très beau en effet 😉

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