Home / Déco ¬ 20 mai 2022

Camco Handmade, des objets du quotidien à partir de résine recyclée

Vous aviez découvert Camille et sa marque Camco Handmade à l’occasion de la Kinda Box de Noël 2020. On avait aimé son concept et ses créations colorées à partir de résine recyclée. C’est avec beaucoup de curiosité que nous sommes allés lui rendre visite, dans son atelier de Soustons dans les Landes.

Des planches colorées un peu partout, une forte odeur de résine et de la poussière de ponçage en lévitation permanente, pas de doute, nous sommes bien arrivés dans l’atelier de Camille Comellas, créatrice de Camco Handmade.

Camco handmade : Un projet né d’une rencontre

Parfois, des projets, des changements de vie, naissent d’une opportunité ou d’une simple rencontre. C’est le cas pour Camille et l’histoire de Camco Handmade. Originaire des Landes, c’est après avoir vécu plusieurs expériences professionnelles dans le marketing agroalimentaire et l’univers de la grande distribution que Camille fait son retour dans sa région natale. C’est à cette période, été 2018, qu’elle fait la rencontre de Fabrice, glasseur à la réputation internationale qui oeuvre du côté de Soustons sous le label « Blend Glassing ». Le glaceur est la personne qui applique la résine sur les planches de surf. Fabrice est spécialisé dans le glassage des boards en résine polyester teintée. C’est ce qui permet à la board d’être résistante et surfable. C’est aussi lui qui se charge de la déco en fonction des couleurs demandées. Ecologiquement parlant, c’est une étape qui utilise différents produits chimiques et les déchets générés ne sont malheureusement pas réutilisables sur d’autres planches.

Ecologiquement parlant, le glaçage est une étape qui utilise différents produits chimiques et les déchets générés ne sont malheureusement pas réutilisables sur d’autres planches.

C’est par ce constat, et après avoir pris goût au travail de cette matière que le projet a germé dans l’esprit de Camille.

À l’occasion d’un trip en Californie en février 2019, contrainte et forcée par une météo capricieuse, Camille passe beaucoup de temps à l’atelier où Fabrice officie. C’est à ce moment qu’elle à l’idée de récupérer la matière destinée à être jetée et qu’elle commence à faire ses premiers essais. De là, les créations évoluent et le déclic se fait vraiment lors d’un nouveau trip en Australie, dans les ateliers de «Thomas Surfboard». Après avoir fait évoluer son process, ses créations sont de plus en plus abouties et elle réalise ses premières ventes dans la boutique de ce shaper mondialement connu. Forte de cette expérience et des premiers retours, c’est décidé, elle continuera ses créations à son retour dans les Landes, à Soustons.

Offrir une seconde vie à des déchets non valorisés

Lorsque le glasseur applique la résine sur la board, la matière est plutôt liquide. Cependant, elle est mélangée à du catalyseur qui l’aident à durcir plus rapidement et qui ne laisse que peu de temps pour l’appliquer et donc peu de temps pour récupérer une matière encore exploitable. Une fois durcie c’est trop tard. Lorsque Fabrice glasse, Camille n’est jamais bien loin et c’est une petite danse qui se met en place lorsqu’elle le suit pour récupérer la résine sans interférer avec son travail. 

Lorsque Fabrice glasse, Camille n’est jamais bien loin et c’est une petite danse qui se met en place lorsqu’elle le suit pour récupérer la résine sans interférer avec son travail. 

Une fois la matière récupérée, Camille n’a que peu de temps pour la travailler et ajuster les couleurs et les nuances tout en choisissant ce qu’elle souhaite réaliser pour procéder au moulage. Avec l’expérience, Camille a développé plusieurs process et avec l’expérience, elle arrive désormais à anticiper le type d’effets colorés dans le rendu final d’une pièce tout en gardant une part de surprise au démoulage. Il se passe une vingtaine de minutes entre le début du glassage par Fabrice et la fin du moulage des objets par Camille.

De déchets qui auraient littéralement terminés sur le sol naissent des objets du quotidien mais le travail serait beaucoup trop simple s’il s’arrêtait là.

Un travail long et minutieux

C’est une fois les objects moulés et séchés que commence le gros du travail pour Camille, le ponçage. Cette étape représente environ 80% du temps de travail pour chaque pièce. Là aussi, Camille a fait évoluer son process avec pour objectif d’obtenir un résultat lisse et esthétique. Il y a généralement 5 phases de ponçage par pièce, qui démarrent par un ponçage à gros grain pour se terminer par un ponçage à l’eau, puis un polish (pour obtenir l’effet de brillance). Chaque étape remplit un objectif : lisser la matière, mettre à plat, enlever les rayures puis faire apparaître les effets et la profondeur de la matière. Pour un pot, il faut compter environ 2 heures de travail sachant que les différentes étapes ne peuvent s’enchainer.

Du coup, les pièces s’entassent en attendant leur tour et l’atelier regorge d’objets, Il faudrait plusieurs bras à Camille pour pouvoir en poncer plusieurs à la fois !

La matière première provenant de déchets nécessite plus de travail pour un rendu optimal. Camille accorde beaucoup d’importance à ce point qu’il ne faut pas négliger et c’est ce qui valorise son travail, ses créations.

Des objets du quotidien en résine recyclée, uniques, utiles et colorés

La créativité de Camille n’a pas vraiment de limite si ce n’est celle des matières qu’elle peut récupérer et la possibilité de poncer les pièces moulées de manière à avoir un rendu qui correspond à son « standard de qualité ». Elle conçoit des objets du quotidien utiles et uniques. Chaque pièce dépend des résines récupérées, du process utilisé et de la réaction des textures entre elles. Clairement, si une pièce vous plaît, n’hésitez pas car vous ne la retrouverez pas deux fois. Pot à crayon, porte savon, vase, cendrier, vous pouvez découvrir les créations de Camille sur son site internet Camco Handmade. Camille est tous les dimanches sur le marché d’Hossegor où elle se fait un plaisir de présenter ses créations et surtout d’échanger autour de son travail. Le réseau de boutiques qui proposent ses produits s’enrichi de plus en plus, vous pouvez retrouver la liste des différents points de vente sur son site internet.

Côté tarif, comptez 65€ pour un gros pot, 35€ pour un cendrier et 18€ pour un porte clé. La boutique en ligne est régulièrement mise à jour mais on vous conseille fortement d’aller rencontrer Camille et sa bonne humeur autour de ses créations.

Texte et photos : Rémi Lasnier

Kindabreak

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