
Défi rando en famille : GR10 – La Traversée des Pyrénées de Gabas à Gourette
Cet été nous nous lancions un petit défi sportif en famille. Partir 3 jours en autonomie et en randonnée bivouac pour traverser les Pyrénées et faire une portion du GR10 de Gabas à Gourette. 22 kilomètres, 1600 m de dénivelé positif, 2 nuits en tente, 60 kilos sur nos 4 dos… mais surtout une expérience inoubliable et des images et souvenirs plein les yeux.
Si nous avons l’habitude de bivouaquer en randonnée le temps d’une nuit, nous n’avions encore jamais fait plus long. Voilà l’idée : se retirer 72h de la civilisation pour mieux se retrouver en pleine nature ; partir en autonomie, chacun avec son sac à dos pour un minimum de 3 jours, sans téléphone, sans réseaux, sans écrans et sans repasser par la case restaurant, supermarché ou réfrigérateur… ! Et réaliser un petit défi physique : parcourir 22 kilomètres en haute montagne et 1600 m de dénivelé positif. Soit partir de Gabas et arriver jusqu’à Gourette avec deux enfants de 12 et 8 ans. C’est un défi accessible à tous, rien d’incroyable et d’insurmontable, dans l’idée de vous donner envie vous aussi de partir bivouaquer en famille et arpenter les Pyrénées.
Merci à Vaude qui nous accompagne dans nos sorties outdoor depuis plusieurs années. Vaude est une marque allemande qui nous tient particulièrement à coeur pour sa qualité et son engagement précurseur dans le secteur outdoor. La marque Vaude est spécialisée dans le matériel outdoor pour femmes, hommes et enfants : tente de camping, matelas isolants, sacs de couchage, sac à dos, tenues de randonnée, ski et alpinisme et aussi sacs et sacoches de vélos. Vaude a créé Green Shape en 2010, un label et norme pour identifier des produits respectieux de l’environnement, axés sur des matériaux durables.
Le défi : GR10 (Traversée des Pyrénées) de Gabas à Gourette
Cet itinéraire offre un super panorama et permet d’accéder au magnifique plateau de Soussouèou, d’admirer le panorama sur la Vallée d’Ossau avec le Pic du Midi d’Ossau et également d’observer les anciennes mines de fer.
Cette portion en Vallée d’Ossau est la 14ème étape du GR10. Le GR10 est la Grande Traversée des Pyrénées qui va de la ville d’Hendaye au Pays basque à la station balnéaire de Banyuls en Méditerranée. Bien que difficile, nous avons choisi cette étape pour plusieurs raisons : nous voulions rejoindre un lac de montagne (Le Lac d’Anglas) pour notre fils passionné de pêche ; nous savions que nous pouvions planter la tente sur deux zones agréables et plates et enfin qu’il y aurait une cabane de berger avec de l’eau potable en chemin pour remplir nos gourdes. Nous avions tablé sur 72h et deux nuits tout en se disant, selon la capacité des enfants, que nous pourrions y passer une nuit supplémentaire si besoin.
C’est une portion du GR10 très agréable par la diversité des paysages, mais noté Niveau 4 Difficile sur le Topo du GR10 et réservé à des randonneurs aguerris car il est long et le dénivelé est important (point culminant à 2500m), estimé, sans aucun temps de pause, à 10h de marche. Ce pourquoi nous avions envisagé de le faire en plusieurs jours.
Une sortie de ce type, surtout à quatre et avec des enfants, ça se prépare. Il y a 3 points importants : l’itinéraire, la météo et le matériel. Pour l’itinéraire je vous conseille de bien suivre et analyser les différents topos en amont, par exemple sur le site du GR10, de prendre le temps de lire les conseils, témoignages, avis, s’imprégner des repères… La météo n’est pas à négliger, ne partez pas si des orages sont annoncés, ce qui est fréquent en été. Consultez le site Météo France. Attendez la bonne fenêtre météo. Et enfin le matériel. Si vous n’êtes pas obligés de vous équiper de la tête au pied de produits couteux il y a quand même quelques règles de bases à respecter.
Quel matériel emporter ?
Préparation : matériel, sac à dos et repas
Si je devais résumer (ou simplifier au max), je dirais que les indispensables sont : une tente pour 4 et pour chaque personne un sac de couchage, un bon sac à dos de rando, une bonne paire de chaussures de marche et une veste coupe vent. Ensuite un réchaud. Et bien-sûr de l’eau et de quoi manger !
Pour la tente, si vous bivouaquez occasionnellement pas besoin de prendre du haut de gamme, seulement bien souvent moins vous mettez le prix et plus elle est encombrante et lourde… La tente est souvent ce qui est le plus lourd à porter et ce qui prend le plus de place dans le sac à dos. Un conseil, ne prenez pas trop grand. Nous on a une tente Vaude pour 3, avec des matériaux durables, et on y est très bien à 4. C’est juste pour dormir. Si vous bivouaquez occasionnellement, plutôt que de l’acheter je vous conseille de louer ou de vous la faire prêter (allovoisins.com, kiwiiz.fr, location.decathlon.fr, campz.fr…). Ainsi vous dépenserez moins d’argent et pourrez profiter d’un matériel plus technique et léger qui vous facilitera l’expérience.
L’été pas besoin d’un sac de couchage pour des températures très froides, les premiers prix Decathlon sont très bien, mais seront surement plus encombrants à porter. Plus vous allez mettre le prix, plus vous allez gagner en ergonomie et en chaleur… à vous de voir. Nous nous avons des Vaude, la qualité est extra et en plus de savoir qu’ils ont été fabriqués avec un minimum d’impact sur l’environnement, ça fait la différence.
Pour les sacs à dos, je trouve que c’est un accessoire à ne pas négliger et si vous devez mettre le prix quelque part pour moi c’est là. Vous allez évoluer en montagne avec + de 10 kilos sur le dos, qui ne vous quitteront pas du départ à l’arrivée, et croyez-moi le confort du sac (mais aussi solidité, robustesse, répartition du poids sur les hanches et épaules…) ça peut être entièrement déterminant dans le plaisir que vous aurez à grimper. Mais là aussi, vous pouvez très bien les louer ou vous les faire prêter. Vaude est vraiment spécialiste dans les sacs à dos et propose de nombreux modèles pour tous les besoins. Nous avons aussi des matelas et oreillers gonflables Vaude pour bivouaquer. C’est génial mais encombrant. Cette fois-ci nous avions décidé de ne pas les prendre, pour gagner de la place dans nos sacs mais aussi parce que nous savions que là où nous allions planter la tente, le sol allait être plat et confortable avec de l’herbe. Evitez par contre les tapis de yoga qui sont trop encombrants et n’apportent pas vraiment de confort supplémentaire.
On aime aussi beaucoup randonner avec des bâtons de marche, mais ce n’est pas obligatoire. Les enfants ont l’habitude de randonner avec un seul bâton (réalisé à la main par leur papi à partir d’une branche de noisetier). Un ou deux bâtons peu importe, mais ça aide beaucoup je trouve. En montée ça permet de s’appuyer, faire travailler le haut du corps pour mieux se tenir et ne pas s’avachir avec le poids du sac notamment. En descente ça aide aussi pour ne pas se déséquilibrer et se rattraper.
Un accessoire pas obligatoire mais clairement indispensable pour nous c’est le réchaud. Nous avons le JetBoil Zip. Il faut penser à prendre une cartouche de gaz (voir une seconde de secours). Clairement il nous permet de faire bouillir de l’eau et donc de boire chaud le thé, café, tisane, de faire cuire des nouilles chinoises ou pâtes et aussi de boire l’eau de la rivière une fois bouillie si jamais on est à sec.
Quels sont tous les indispensables à ne pas oublier dans mon sac de rando ?
De l’eau ! C’est LA base. L’eau en montagne c’est la survie ! Partez avec 3 litres d’eau minimum par personne. Un truc qui est génial et qui nous a changé la vie c’est les solutions de stockage d’eau à glisser dans le sac à dos, par exemple ceux de la marque SeaToSummut (Watercell) de 4 litres à 20 litres ! (On a le modèle 6L)
Voici une liste d’indispensables à ne pas oublier dans votre sac de rando :
- gourde de 3 litres/personne et 1 poche de stockages d’eau (6L minimum pour 4)
- casquette, lunettes de soleil, crème solaire
- mouchoirs, sacs poubelles (pour les déchets et le linge sale), un rouleau de papier toilette
- lampe frontale et de poche
- trousse secours et médicaments (le minimum : Doliprane, désinfectant, pansements ampoules, un tire tique ou pince à épiler…), des comprimés pour purifier l’eau (Micropur)
- le strict minimum pour la toilette (brosse à dent, dentifrice et un petit sachet de lingettes nettoyantes c’est ultra pratique)
- un couteau suisse
- une petite bouteille de gaz si réchaud
- une seule serviette de toilette pour toute la famille (pour se sécher si bain en lac ou pour s’assoir dessus si le sol est humide), prenez un format compact, vous trouverez des serviettes à séchage rapide sur le site SeaToSummit, sinon prenez un paréo.
- vos vêtements : voir détail ci-dessous
- la nourriture : voir détail ci-dessous
Apprenez à rationaliser. Un seul dentifrice format miniature pour toute la famille, un seul peigne à cheveux, une seule crème solaire pour toute la famille…
*Pour les vêtements : 1 à 3 tenues de rando (shorts, legging, tee-shirt, chaussettes et caleçon/culottes) et une tenue sèche et chaude à enfiler dès que la randonnée est terminée (ne jamais rester avec des vêtements humides en montagne). Attention, l’été il fait froid en montagne la nuit, souvent moins de 10°. Même en plein mois d’août prenez impérativement un jogging, une veste polaire et une veste coupe vent. Le coupe vent est pour moi LA pièce maîtresse de toute activité sportive et en particulier de la rando/bivouac. C’est le vêtement couteau suisse à emporter partout qui ne prend pas de place mais si il est de qualité, garantit d’être toujours au sec et de ne jamais avoir froid. Misez sur la qualité, nous on adore Arc’Teryx et aussi Vaude qui vient de sortir une nouvelle veste isolante (la Scopi) multi fonction fabriquée à partir de polyester recyclé. Gants, bonnet et chaussettes chaudes si il reste un peu de place ne sont pas de trop. Prenez de bonnes chaussures de rando (Colombia, Salomon, La Sportiva, Merell) et aussi une paire de Teva (sandales à scratch) hyper pratique une fois au camps.
Ensuite, vous pouvez prendre tout ce qui vous fait plaisir en plus (livre, jeu de cartes, maillot de bain, pyjama, bières…) mais gardez en tête que vous allez devoir tout porter, et croyez moi chaque petit gramme à s’économiser sur le dos ce n’est clairement pas de trop !
On a voulu responsabiliser nos enfants et chacun portait ses affaires dans son sac à dos : son totebag avec tous ses vêtements et affaires de toilette, sa gourde d’eau, son sac de couchage et ses propres barres de céréales et aliments pour son petit déjeuner. Notre fils a porté sa canne à pêche et tout son matériel de pêche. En tant que parents on s’est réparti les repas, la tente, l’eau supplémentaire, le réchaud…
Comment s’organiser pour les repas ?
*Pour la nourriture : prévoyez chaque repas, petit déjeuners goûters et encas. On a fait le calcul avant de partir, pour 3 jours ça faisait 5 repas de 4 personnes. Ce qui fait un total de 20 repas à prévoir sans compter les petits déjeuners et goûters ! Une sacrée orga pour les parents et un poids conséquent à porter sur le dos.
Pour le matin on a l’habitude de prendre des sachets de thé ou sticks de café en poudre soluble, pour les enfants on leur a pris des briques de Cacolac à boire à la paille. Pour les repas, à chaque bivouac on adore prendre des nouilles chinoises à faire bouillir. C’est super bon et surtout léger à porter. Cette fois-ci, on a testé pour la première fois des repas lyophilisés trouvés chez Decathlon de la marque Forclaz. C’était excellent et vraiment super pratique car ultra léger à porter. Il suffit de mettre de l’eau chaude dans le sachet, de le refermer et d’attendre 10 minutes et c’est prêt. Les repas sont pensés pour être riches en énergie pour des journées sportives. On a même pris des desserts et du porridge pour le matin. Seul bémol, ce n’est pas donné ! Comptez 8€ le sachet repas par personne. On avait aussi fait des croques monsieur pour le premier repas et évidemment pris un bon saucisson, du pain et des boites de sardines. En plus des repas, prenez beaucoup de barres céréales riches et protéinées adaptées aux activités physiques, des biscuits aux céréales, pâtes de fruits, compotes à boire, des mélanges de fruits secs… on avait trouvé des berlingots de lait sucré concentré, ça nous a rappelé notre enfance.
Côté vaisselle, à vous d’aller piocher dans la vaisselle de camping. Par exemple on a la gamme d’Opinel spécial rando et des sets de vaisselle pliables de la marque SeaToSummit. Mais là encore, pas forcément besoin d’investir tout de suite dans des accessoires spécialisés, vous pouvez partir avec 4 gobelets en plastique et des assiettes en carton ça fera très bien le job !
C’est ainsi que nous voilà partis avec respectivement : papa 28 kilos sur le dos, maman 16 kilos, Léon 10 kilos et Romy 6 kilos.
Jour 1 : de Gabas au plateau de Soussouèou
Le départ se fait depuis le village de Gabas près de Laruns en Vallée d’Ossau, et juste après le village des Eaux-Chaudes. Garez votre véhicule au parking juste après le 3ème lacet. Du parking, montez sur la D934 pendant 15 minutes puis prendre à gauche avant la centrale électrique. (Panneau GR10). Le départ est à 1130m d’altitude. Durant toute cette traversée des Pyrénées, l’itinéraire est super bien indiqué, vous ne pouvez pas vous tromper. Il faut suivre les balises avec un trait blanc et rouge et vous aurez régulièrement des panneaux vous indiquant les points importants et le nombre de kilomètres et durée restant. Le départ dans la forêt est assez agréable.
Au bout d’une heure, deux itinéraires sont possibles : soit vous poursuivez sur la piste principale et emprunter le pont du Goua soit vous montez sur le sentier de droite avec des passages vertigineux mais bien sécurisés. Avec nos gros sacs, on ne pensait pas prendre ce sentier, mais on a croisé un randonneur qui nous a rassuré, du coup on a tenté ! Romy a eu très peur mais finalement une fois sur le sentier avec la main courante et le câble elle a été rassurée, la vue est incroyable ! Ce petit passage de 5 minutes seulement a tout de suite donné une dimension d’aventure à notre petite excursion !
Après environ 4 heures de marche, on sort enfin de la forêt pour rejoindre la plaine de Soussouéou. La végétation est complètement différente, les couleurs et l’ambiance aussi. Après le vert humide de la forêt d’un seul coup on se retrouve sur un immense espace et des herbes sèches dans les tons jaune orange. La vue et l’ambiance étaient saisissants ! Il nous faut encore descendre afin de rejoindre la cabane du berger, nous voulions planter la tente sur le plateau de Soussouéou.
Le plateau de Soussouéou est un petit bijou des Pyrénées ! Un magnifique plateau pastoral encadré par les montagnes majestueuses. Nous étions seuls au monde !
On avait hâte de se libérer de nos sacs et d’enfin installer le campement. Pour ce premier jour nous avons marché 5h en faisant pas mal de pauses. Nous étions proches d’un petit ruisseau dans lequel ont joué les enfants. Le spot idéal pour camper, personne autour. On a savouré nos premiers repas lyophilisés, on s’est régalés et on l’avait bien mérité. Ce soir-là tout le monde s’est vite endormi.
Jour 2 : de Soussouéou au Lac d’Anglas
Dès le réveil nous avions prévu de passer dire bonjour au berger de la cabane et remplir nos réserves d’eau déjà à sec ! La bergère était en train de faire le fromage et on a pu l’observer. Les enfants ont joué avec les chiens et ont passé du temps avec les chèvres et brebis.
S’il y a bien une chose que je peux vous dire de l’expérience de bivouaquer en montagne, c’est qu’après avoir dormi en pleine montagne, notre appréciation et ressenti de la montagne, dès le lendemain, est totalement différente. Je ne sais pas comment décrire ce sentiment étrange. Sans y dormir c’est comme si on était de simples visiteurs de passage en montagne : on l’observe, on l’apprécie mais on sait qu’on doit vite repartir… et c’est trop court pour s’y imprégner vraiment. Après y avoir dormi, c’est comme si tout notre corps avait pris le temps d’infuser l’air et l’esprit de la montagne durant notre sommeil, et on se sent différent, moins étranger mais beaucoup plus présents et connectés à l’environnement, comme si on faisait partie intégrante de la montagne !
S’il y a bien une chose forte de l’expérience de bivouaquer en pleine montagne (…) c’est que dès le réveil on se sent différent (…) comme si d’avoir dormi sur place nous faisait partie intégrante de la montagne !
Après ce moment très agréable avec les bergers, il est temps de repartir, la route est encore longue pour aujourd’hui. La remontée du plateau de Soussouéou est très raide et nous a achevé direct avec cette chaleur. On s’éloigne de la plaine de Soussouéou pour reprendre la montée. Plus d’une heure après on traverse un petit ruisseau, on s’est immergés d’eau fraiche en remplissant nos casquettes d’eau et en les versant sur nos têtes. Un régal avec cette chaleur. On poursuit l’ascension rive gauche, à ce niveau-là nous sommes à 1865m d’altitude. On arrive rapidement à un replat et une petite mare pour ensuite monter jusqu’à la Hourquette d’Arre. On décide de manger ici car la suite du parcours est assez costaude. Ce midi c’était chips et croque-monsieur.
L’objectif est d’atteindre le lac d’Anglas aujourd’hui pour planter la tente devant. Il y a encore du chemin. Dont une sacrée ascension jusqu’au point culminant de cette traversée, la Hourquette d’Arre à 2465m. La toute dernière partie est particulièrement difficile et se fait sur un pierrier qui glisse et une montée très abrupte. Les enfants fatiguent beaucoup. On va à leur rythme, on les fait beaucoup boire, on les motive comme on peu… en leur disant que c’est la dernière montée de ce séjour. Après ça sera que de la descente. Arrivés au sommet (2465m) nous sommes exaltés, à bout mais satisfaits de l’avoir fait et d’en avoir fini avec cette dernière partie pas évidente.
Maintenant il faut rejoindre le lac d’Anglas (2068m). On pensait qu’il restait 10 minutes seulement mais il y a encore plus d’une heure de descente pour le rejoindre. Les sacs pèsent, autant en montée qu’en descente. Avec des poids comme les notre sur le dos, vous pouvez rallonger de plusieurs minutes les temps indiqués sur les tracés du GR10. Mais le fait d’apercevoir vite le Lac d’Anglas en contrebas comme objectif final est une bonne source de motivation. Les enfants accélèrent le rythme d’eux-mêmes !
Nous sommes accueillis au Lac d’Anglas par un troupeau de vache et leur son de cloches. Le Lac est magnifique et il n’y a pas grand monde ! Pendant qu’on monte la tente, les enfants ont déjà retiré les chaussures et se sont mis en maillot prêts à pêcher. Ce jour-là nous avons marché 6 heures et grimpé 1000m de dénivelé positif.
Ce genre de moment c’est le bonheur intense. Une sorte de récompense de toute cette préparation en amont et de tous ses efforts physiques accomplis. Il fait trop beau, le lac est resplendissant ! On se baigne même si l’eau est très fraîche ça fait un bien fou. On ouvre un saucisson, on prend l’apéro, pendant ce temps les enfants s’éclatent en pêchant du bord du lac. La vie est tellement belle. Après manger on fait griller des chamallows avec notre réchaud (pas de feux en montagne) et on fait une partie de Skyjo tous ensemble. Les enfants repartent pêcher. Et là enfin ça mord ! Une, deux, trois, quatre belles truites Fario ! Le bonheur est à son apogée !
Et là enfin ça mord ! Une, deux, trois, quatre belles truites Fario ! Le bonheur est à son apogée !
Jour 3 : du lac d’Anglas à la station de ski de Gourette
Ce matin pas besoin de vite reprendre la route, avec ce beau temps tout le monde prend son temps, on sait que la descente jusqu’à Gourette est assez courte. Nous n’avons plus d’eau potable et allons chercher de l’eau du ruisseau d’à côté pour y dissoudre nos comprimés purificateurs d’eau. (Évitez de prendre de l’eau trop près des troupeaux de vaches ou brebis). Des amis nous rejoignent au Lac d’Anglas pour passer la journée avec nous. En plein mois d’août c’est fou, nous avons croisé que très peu de monde sur le parcours du GR10 et nous sommes excités de retrouver des amis dans ce cadre en pleine nature et leurs raconter notre aventure.
La descente jusqu’à la station de ski de Gourette se fait en 1h30 et sans difficulté particulière. Vous passez à gauche de la cabane de Coste de Goua. Nous ramenons tous nos déchets de notre séjour dans un grand sac poubelle. C’est marrant de se retrouver à Gourette en plein été, de descendre en marchant sur les pistes de ski que nous avons l’habitude de dévaler sous la neige en plein hiver. On s’installe au premier bar de Gourette pour savourer une bière bien fraîche et un ice tea glacé pour les enfants ! Le goût est décuplé. On pousse le vice et on commande des gaufres au Nutella. Après toute cette aventure physique et tous ces repas lyophilisés assez sommaires on a l’impression d’être dans un 4 étoiles et de faire une folie ! Ce genre d’aventure remet les choses à leur place. Après 3 jours sans réseaux et sans connexion, je peux maintenant rallumer mon portable (qui ne m’a servi uniquement pour filmer), pourtant je repousse encore l’échéance, ça attendra ce soir… on est bien coupés du monde !
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Comment ne pas manquer d’eau ?
L’eau en montagne c’est la survie et vous devez faire très attention à ce point pour ne jamais en manquer. On se déshydrate très vite. Prenez beaucoup d’eau en partant (minimum 3 litres par personne), si les gourdes c’est trop encombrant investissez en plus dans des poches de stockage d’eau (minimum 6 litres) à glisser dans le sac. Renseignez vous pour choisir un itinéraire qui permet de se réapprovisionner en eau (refuge, cabane de berger, fontaine d’eau potable…). Prenez toujours des comprimés purificateurs d’eau à faire diluer dans de l’eau d’un ruisseau (en + ça ne prend pas de place). Il existe aussi des gourdes filtrantes, nous n’avons jamais essayé mais c’est surement une très bonne idée. Enfin, quand on part comme nous avec un réchaud, nous faisons bouillir l’eau qui une fois bouillie devient potable. C’est une sécurité en plus.
N’avez-vous pas peur des animaux sauvages ?
Non, je pense que les patous des Pyrénées, les vaches sauvages, les chevaux, brebis… tant qu’on ne s’y approche pas de près, qu’on les respecte, sans gestes brusques ou bruit trop forts, on ne risque rien. Aussi, veillez à ne laisser aucun reste ou déchet alimentaire qui pourrait les attirer. Mettez tous vos déchets dans un sac plastique bien fermé et avec vous dans la tente, surtout pas devant la tente. Maintenant le sujet c’est l’ours des Pyrénées, mais je préfère ne pas y penser, j’avoue je ne sais pas comment je réagirais si on tombait nez à nez avec un ours, cela reste très rare heureusement.
Est-ce que vous vous faites piquer par des tiques ?
Bonne question. Oui en montagne l’été c’est quelque chose de très fréquent, cela nous arrive très souvent, car elles logent dans les herbes hautes, fougères et buissons. Pas d’inquiétude la plupart du temps cela ne cause aucun problème. L’idée c’est de les retirer le plus vite et le plus délicatement. Une tique, quand elle vient juste de vous piquer, est microscopique. Ce n’est que plusieurs jours après, quand elle s’est nourrie de votre sang que son corps gonfle (c’est souvent à ce stade qu’on les aperçoit sur les chats et chiens). Il faut toujours avoir l’oeil et bien vous observer le corps entier après une sortie en montagne. Si vous en avez, retirez délicatement la tête (le rostre) avec un tire-tique ou une pince à épiler. Vérifier que le rostre est bien parti avec le corps et désinfectez. La plupart du temps ça fera comme une petite piqûre de moustique qui restera entre 3 et 7 jours et rien de plus. Seulement certains tiques sont porteurs de la bactérie Borrelia burgdorferi qui, si elle n’est pas traitée à temps, donnera des années plus tard la maladie de Lyme. Cette maladie est vraiment pas sympa et il n’existe aucun traitement actuel pour s’en débarrasser une fois installée. C’est donc impératif, si vous avez été piqué par une tique, d’observer la piqûre durant tout le mois qui suit. Si vous observez l’apparition d’une grosse rougeur en cercle de plus de 5 centimètres (l’érythème migrant), cela signifie que la tique était porteur de la bactérie, qu’elle vous a contaminée et qu’il faut vous traiter sans tarder. Pour la petite histoire, c’est ce qu’il m’est arrivé durant cette traversée du GR10. Je me suis fait piquer par une tique que j’ai retiré proprement en rentrant. Pourtant au 12ème jour, je me réveille un matin avec une grosse rougeur sur le dos, à l’endroit de la piqûre, j’ai tout de suite compris et consulté un médecin. Il m’a prescrit un antibiotique (Doxycycline) 15 jours. À ce stade, et sous 15 jours d’antibiotiques, pas d’inquiétude, il n’y a aucun risque que la maladie de Lyme se développe. L’érythème migrant a disparu en 3 jours d’antibio.
A-t-on le droit de se baigner dans des lacs de montagne ?
Elle est interdite dans les zones protégées comme les parcs nationaux. Pour le reste il n’existe pas d’interdiction, seulement les défenseurs de l’environnement sont contre afin de préserver l’écosystème fragile. Ils ont raison. Seulement c’est difficile d’évoluer en pleine nature (ou même chez soi) sans avoir aucun impact sur l’environnement. Se baigner en mer ou dans l’océan n’a pas non plus aucun impact sur la vie marine… À vous d’estimer le bénéfice/risque. Je ne suis pas un exemple, car personnellement, se retrouver dans un tel cadre et se priver d’un bain dans un lac de montagne, je n’en suis pas capable… (mais je n’ai pas pris l’avion cette année, ça compense ?) Si vous vous baignez évitez de mettre de la crème solaire ou tout autre produit qui pourrait perturber davantage l’écosystème et ne vous lavez pas dans les lacs, même avec du savon biodégradable.
A-t-on le droit de faire un feu en montagne ?
Non, il est interdit de faire un feu en montagne en raison des risques d’incendie. Les feux sont une cause majeure de départs d’incendie en zone naturelle. Mais un réchaud de randonnée est toléré.
A t-on le droit de bivouaquer n’importe où en montagne ?
Le bivouac est autorisé de 19h à 9h du matin à l’écart des routes et des habitations (plus d’1h de marche). Il est interdit dans certaines zones protégées (parcs nationaux, réserves naturelles, sites classés). Vérifiez toujours la réglementation locale (panneaux, site de la mairie et office de tourisme).
A-t-on le droit de pêcher dans un lac de montagne ?
Oui mais vous devez avoir une carte de pêche délivrée par la Fédération Nationale pour la Pêche en France. Le nombre de prise est limité à 6 salmonidés par jour en général et la taille minimale est par exemple de 20 cm pour la truite fario. La pêche est interdite la nuit, vous ne pouvez pêcher que de 30 minutes avant le lever du soleil à 30 minutes après son coucher. Vérifiez toujours l’arrêté préfectoral de pêche du département.(risque d’amende en cas de non-respect).
Les chiens sont ils autorisés en montagne ?
Ça dépend de l’endroit précis. Les chiens sont interdits même tenus en laisse dans les parcs nationaux. Ils sont autorisé hors zones protégées mais doivent être tenus en laisse dès qu’il y a des troupeaux (présence de brebis, vaches, chevaux). Cette portion du GR10 est déconseillée avec des chiens car elle est interdite aux chiens au début du parcours (coeur du parc national des Pyrénées) il vous faudra alors contourner. Dans tous les cas vous devez les tenir en laisse.
À partir de quel âge peut-on faire cette traversée du GR10 avec des enfants ?
Vous posez toujours cette question à chaque rando. L’âge des enfants c’est très particulier comme réponse. Je dirais ça dépend de vos enfants et surtout ça dépend de vous. De votre patience et des sacrifices que vous êtes prêts à faire en partant avec des enfants. Si par exemple pour x raison il ne peut plus porter son sac faut être prêt à lui porter. Quand ils avaient moins de 5 ans, on se disait toujours : « Ok ce n’est pas l’idée mais faut qu’on soit prêt à le porter si jamais ». La règle évidente c’est de toujours commencer par des petites randos et en fonction de comment ils évoluent augmenter les distances et les difficultés. C’est clair que je vous déconseille cette portion du GR10 avec des enfants qui n’ont jamais fait de rando ! Les nôtres ont 12 et 8 ans mais ils sont habitués et en plus ils adorent ça. Mais ce que j’aurais envie de vous dire c’est que la marche c’est naturel et plus facile pour des enfants que pour des adultes (ils sont plus légers et endurants). Ne les sous-estimez pas, au contraire. Votre rôle principal sera de faire diversion quand ils commenceront à râler (comptez les cailloux, appelez les brebis…) et aussi de s’adapter à eux et pas l’inverse, soyez souples (c’est eux qui détermineront les temps et nombres de pauses par exemple)… sinon vous allez les dégouter. J’avais fait un article ici avec des conseils pour réussir à faire marcher les enfants. Les responsabiliser est aussi très important, laissez leur porter leur propre sac à dos avec leurs petites affaires et gourde, même dès 3 ans. Je n’aime pas trop les porte bébés passé 3 ans. Préférez à cet âge des toutes petites randos où ils sont autonomes à 100% plutôt que de leur offrir la possibilité de grimper sur votre dos, c’est un piège pour la suite…
Comment bivouaquer de manière responsable en montagne ?
Si vous souhaitez avoir le moins d’impact sur l’environnement, voici quelques conseils de base : Ne faites pas de feu de camps ni brûler des déchets, ramenez tous vos déchets même biodégradables. Ne cueillez pas de fleurs, ne dérangez pas la faune. Restez sur les sentiers balisés. Refermez les barrières derrière vous. Si vous croisez un troupeau, contournez-le largement. Ne partez pas avec vos chiens. Ne vous lavez pas dans les lacs et rivières même avec du savon biodégradable. Choisissez un emplacement plat, discret et éloigné des sentiers. Installez votre tente sur des surfaces minérales ou herbes rases, pas sur des zones humides ou les pelouses fragiles. Respectez le silence de la montagne et les autres randonneurs.
© kindabreak
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Cette rando est magnifique et j’en rêve de la faire avec ma petite famille (garcon de 7ans l’an prochain). Pourtant ne connaissant pas trop bien les endroits, ca serait parfait de la faire en 2-3 familles. Aussi pour l’ensemble des enfants. Et serait-il bon de prendre un guide pour trouver les bons endroits pour bivouacer, prendre l’eau etc??? Super reportage! Compliments!
Merci pour votre message. L’itinéraire du GR10 est particulièrement bien indiqué sur cette portion, je ne pense pas qu’un guide soit indispensable. Pour bivouaquer vous pouvez faire comme nous : au plateau de Soussouèou (avec la cabane de berger à côté et donc possibilité de prendre de l’eau) et ensuite au Lac d’Anglas. Le terrain est plat sur de l’herbe douce, vous pouvez même ne pas prendre de matelas pour vous alléger. Par contre la portion est assez difficile, ça grimpe fort (même sur 3 jours). Faut que les enfants aient l’habitude de marcher sinon ça pourrait les dégouter. Pour l’eau pensez aux pastilles et aux gourdes filtrantes. Et surtout le plus important est de bien regarder la météo et trouver la bonne fenêtre. J’espère que vous partirez tous ensemble !